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 ATTENTION SPOILER - The Book of Souls, chronique par Radio Metal

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trooper

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MessageSujet: ATTENTION SPOILER - The Book of Souls, chronique par Radio Metal   Mer 12 Aoû 2015 - 8:13


Première critique en français, par Radio Metal. Moins dithyrambique que celle de Team Rock (dont je me méfiais grandement), elle évoque de nombreuses qualités, mais aussi les défauts qui m'ont fait rager ces dernières années (longueurs, lourdeurs, refrains plats ou trop répétés, Bruce Dickinson en peine dans les aigus...).

À la lecture de cette chronique, même si ce n'est pas précisé, on tient là un nouvel album qui semble toutefois supérieur à The Final Frontier. Avec quelques surprises.


http://www.radiometal.com/article/iron-maiden-lecture-de-the-book-of-souls,188952


Jamais l’attente ne fut aussi longue – cinq années – entre la parution de deux albums d’Iron Maiden. Une pause remplie évidemment de tournées mondiales, afin de défendre sur scène son nouvel album d’alors The Final Frontier (2010) ou encore de commémorer plus de 25 ans après, Seventh Son Of A Seventh Son (1987) dans un remake de la tournée Maiden England. Au terme de cette longue série de concerts, les six anglais se réunirent pour l’écriture de leur seizième album et optèrent pour le studio Guillaume Tell situé à Paris, là même où ils mirent en boite Brave New World (2000) et où il leur arrive encore de répéter certaines tournées. Intitulé The Book Of Souls, ce nouvel effort fût achevé à la fin de l’année 2014, mais sa parution a été repoussée pour laisser le temps à son chanteur Bruce Dickinson alors atteint d’une tumeur cancéreuse à la langue de se soigner et se rétablir en vue d’une prochaine tournée mondiale devant démarrer au début d’année prochaine. Nous avons pu écouter en avant-première ce nouveau disque tant attendu et vous proposons ci-dessous nos impressions après plusieurs écoutes consécutives. Toutefois, si vous souhaitez conserver l’effet de surprise intact jusqu’à sa sortie le 4 septembre prochain, vous avez encore le temps de quitter cette page pour ne pas lire ce qui va suivre.

Préliminairement à la découverte des premières notes, il est difficile de ne pas évoquer la pochette de The Book Of Souls crée par Mark Williamson sur laquelle trône fièrement Eddie, cet être indissociable de l’histoire d’Iron Maiden, mascotte étrennée inlassablement dans bon nombre de concepts visuels du groupe. Au gré des artworks, Eddie aura presque tout connu. Zonzon sous camisole d’une cellule capitonnée sur Piece Of Mind (1983), policier du futur d’une ère futuriste influencée par le film Blade Runner de Ridley Scott sur Somewhere In Time (1986), érigé en dieu de l’Egypte Antique sur Powerslave (1984), victime électrocutée et éviscérée d’une Inquisition mécanique rétro futuriste sur The X Factor (1995), ou même expédié dans l’espace sous forme d’Alien hideux sur The Final Frontier (2010), on peut dire qu’Eddie aura beaucoup voyagé à travers les lieux et les époques. Ici point de décor alambiqué pour entourer Eddie hormis un simple fond noir, bien qu’on le retrouve cette fois vêtu sommairement et grimé de maquillage, s’inspirant de la civilisation maya.

maidenbook

Et en l’occurrence, le groupe a pris la chose très au sérieux dans l’approche de la civilisation mésoaméricaine jusqu’à s’attacher les services d’un spécialiste de la question, le chercheur anglais Simon Martin, pour traduire les titres des morceaux en hiéroglyphe maya traditionnel, ceci peut-être en vue du livre à reliure qui accompagnera l’édition spéciale et limitée de l’album. Un souci du détail qui rappelle la transposition à l’Egypte ancienne orchestrée par le groupe sur l’album Powerslave (1984). Un autre détail visuel notable tient dans la police du logo d’Iron Maiden, celle-ci revenant à l’ère classique du groupe, lorsque les lettres R, N et M du logo avaient des branches plus longues.

Ajoutés au fait que The Book Of Souls soit l’album le plus long du groupe a ce jour – 92 minutes –, qu’il recèle un morceau de clôture, « Empire Of The Clouds », d’une durée inhabituelle de plus de 18 minutes, et qui plus est composé par le seul Bruce Dickinson, ces détails ont alimenté beaucoup de discussions et de spéculations quant à un possible concept album et plus largement d’un dernier round pour Iron Maiden. Mais d’une part, en dépit d’un habillage visuel soigné et uni, il convient d’évacuer la théorie du concept album qui ne s’applique pas en l’espèce s’agissant de la musique, au vu de l’alternance des ambiances. Quant à d’autre part, la possibilité d’un album d’adieu, nous y reviendrons en fin d’article. Mais trêve de bavardages, passons à la musique.

Disque 1 :

01. If Eternity Should Fail (8:28)

Ce morceau d’ouverture signé du seul Bruce Dickinson entretient le mystère pendant une intro montante d’une minute et trente secondes environ. Un murmure et une ligne de synthé ambiante qui se retrouvent bercés par la voix du chanteur. On est loin de la longue introduction spatiale « Satellite 15 » (The Final Frontier, 2010), qui ne faisait pas l’objet d’une piste séparée et qui suscitait l’impatience de l’auditeur pendant plus de quatre minutes avant de pouvoir goûter à la chanson-titre.

Puis on entre dans le vif du sujet avec les éléments classiques instinctivement reconnaissables du groupe, avec la basse claquante de Steve Harris qui imprime le tempo et l’architecture harmonisée des guitares. Ce premier titre en cavalcade tiendrait presque d’un « Ghost Of Navigator » (Brave New World, 2000) avec plus de velours. Sur le refrain, la patte de Dickinson est indéniable. Les intonations et le phrasé de sa voix sont parfois plus aventureux que chez les classiques de la vierge de fer, et on pense spontanément à certains pans de sa carrière solo (la chanson ayant été à l’origine composée lors des sessions de son précédent album solo, ceci explique peut-être cela).

D’ailleurs le titre est ponctué sur la fin d’un surprenant passage ésotérique, obtenu avec la superposition de plusieurs voix, faisant naître à l’esprit l’image d’un tourbillon des âmes servant de corridor pour les esprits à destination du ciel. Ce coté aérien n’est pas sans rappeler le court « Toltec 7 Arrival » présent initialement sur l’un des albums solo de Bruce (Accident Of Birth, 1997).

02. Speed Of Light (5:01)

À l’instar d’un « El Dorado » (The Final Frontier), « Speed Of Light » a tout d’un single potentiel, démarrant pied au plancher dans une veine rock’n’roll avec la mise en avant d’une guitare chaude. L’accrocheur riff principal guide ce morceau endiablé et joyeux, avec une approche des plus classiques mais s’avérant efficace, au diapason d’une production impeccable, toujours signée Kevin Shirley, et conforme à la période post-2000 du groupe. En l’occurrence la musique témoigne d’une grande immédiateté, probablement due à la façon dont une bonne part des chansons ont été conçues, comme l’expliquait Steve Harris au magazine Kerrang, composées en studio, répétées et « directement enregistrées tant qu’elles étaient encore fraîches ». Dickinson assure au chant, même si la répétition à foison du refrain suscite quelques petits froncements de sourcil. Les solos de guitares quant à eux s’enchaînent naturellement, l’occasion de s’attarder un instant sur l’une des innovations majeures de ce seizième opus.

Rien de nouveau à ce que le combo propose de longues séquences enjouées et chiadées à trois guitares, c’est évident, mais ce jeu en triangle entre Adrian Smith, Dave Murray et Janick Gers, qui constitue depuis maintenant quelques années la charpente de la maison Maiden, atteint ici un nouveau sommet. Si les crédits musicaux de l’album montrent comme souvent une prédominance de Steve Harris, Bruce Dickinson et Adrian Smith dans la composition, les notes en shred de Gers et le grain plus émotif de Murray sont pourtant bel et bien omniprésents lorsque les trois compères de la six cordes « jamment » ensemble. Les musiciens avec chacun leur style reconnaissable se partagent davantage l’espace qu’ils ne le firent jadis, bien que la guitare de Smith paraît rester prédominante, avec des phrasés dont lui seul a le secret.

03. The Great Unknown (6:37)

Porteur d’un titre évocateur ce morceau ménage d’abord le suspense et débute comme « Isle Of Avalon » (The Final Frontier) par une ligne de basse soutenue et continue dont la sonorité et les réverbérations entretiennent la même sensation de quête médiévale. La montée de l’intrigue est lente mais à l’inverse de son prédécesseur, « The Great Unknown » saute plus vite dans le grand bain avec un Bruce Dickinson des grands jours, qui transpire l’émotion sur les couplets puis un refrain rock et heavy des plus typiques du groupe.

Nicko Mc Brain envoie alors quelques roulements de toms de sa batterie et introduit un net changement dans le morceau, basculant dans une atmosphère dramatique dont le grain et la lourdeur ne sont pas sans rappeler la gamme plus sombre de l’album A Matter Of Life And Death (2006) et en premier lieu du titre « These Colours Don’t Run ». Le refrain, déjà magistral gagne même en efficacité pour ne pas être répété de manière sempiternelle comme sur la piste précédente. Le jeu en triangle des guitares est encore une fois généreux, les mélodies entêtantes et les solos s’envolent. Tout cela semble si frais.

04. The Red And The Black (13:33)

Ce morceau de plus de treize minutes est une des pièces maîtresses de l’album, et l’un des plus épiques. On débute avec un solo de basse de Steve Harris, une première depuis « Blood On The World’s Hands » (The X Factor, 1995). Ce solo capte l’attention mais il ne jouit pas de la même finesse que son prédécesseur, qui utilisait en son temps des harmoniques.

Puis la construction homérique se met en place avec d’abord un sentiment de voyage, d’évasion, de croisière sans retour vers le bout du monde. La rythmique du couplet est très proche, pour ne pas dire inspirée de celle de « Rime Of The Ancient Mariner ». Clin d’œil évident, car ce sont quasiment les mêmes cavalcades. La chanson est armée de paroles fortes sur fond de destin et de chance aux jeux. Le Rouge Et Le Noir ne semble en l’espèce pas renvoyer directement au roman éponyme de Stendhal, mais plutôt aux couleurs des cartes à jouer ou du tapis de jeu d’une roulette de casino, bien que cette image ait aussi souvent servi de métaphore pour décrire les péripéties de Julien Sorel dans le livre.

Dickinson de son côté crève l’écran, et nul doute qu’en cas de reprise du morceau en concert il saura galvaniser le public pour qu’il entonne à l’unisson avec lui plusieurs « Oh-Ohoo-Ohoohooo » diablement contagieux.

Les instruments à six cordes pullulent encore, avec des riffs catchy et des mélodies émotives qui font songer au cœur de « When The Wild Wind Blows » (The Final Frontier). Smith, Gers et Murray alternent les gammes, et semblent toujours vouloir en faire plus et ouvrent de ce fait autant de portes dont on se demande comment ils vont les refermer. Le groupe finalement retombera sur ses pattes, bien qu’un peu de flottement ait pu apparaître le temps d’une minute aux trois quarts de cette construction progressive.

« The Red And The Black » a indéniablement tous les atouts pour offrir une spectaculaire et épique performance en concert. On n’oserait spéculer sur une reprise de ce titre devant un parterre de 80.000 personnes en pleine Amérique Centrale, berceau historique de la civilisation maya. Cette clameur tribale, cette énergie et cette chaleur, au sens propre comme au figuré, pourraient former les ingrédients, on l’imagine, d’un concert peut-être aussi marquant que le live Rock In Rio (2001).

05. When The River Runs Deep (5:52)

Passée la pièce maîtresse « The Red And The Black », cette cinquième piste plus reposante suit le sentier d’une promenade en mid-tempo aiguillée par une lead guitare qui semble moderniser un titre comme « Sanctuary » (Iron Maiden, 1980) et dont les notes fortes vibrent dans une veine grave et « bluesy ». Les paroles s’attachent de nouveau aux thèmes récurrents de chance, de pari, de destinée.

Comme sur les précédents titres, on assiste à une succession de solos, et tout autant d’enchevêtrements d’influences et d’époques. Soulignons aussi sur cette piste un usage très prononcé des claviers ; ils ajoutent aux méandres dramatiques dans lesquels le morceau trouve sa conclusion. Dans l’écho, les claviers génèrent par moments un petit coté électrisé, magnétique, évoquant le son d’un mellotron. Sur la fin toujours, Bruce Dickinson va puiser les notes jusqu’au plus profond de ses tripes. Tout un registre dramatique qu’on pourrait comparer à la tension de « Paschendale » (Dance Of Death, 2003).

06. The Book Of Souls (10:27)

C’est devenu une tradition depuis plusieurs albums, le groupe aime inclure une introduction acoustique au détour d’un morceau. Comme sur « The Legacy » (A Matter Of Life And Death) ou « The Talisman » (The Final Frontier), c’est Janick Gers qui s’y colle et entame de langoureux arpèges sur une guitare classique. La montée est lente une fois encore, le décor prend tout son temps à se construire, puis survient la basse de Steve Harris, puissante, qui martèle une rythmique NWOBHM en cavalcade, secondée par la guitare qui évoque même succinctement celle de « Losfer Words ‘Big Orra » (Powerslave). Difficile de se tromper en étant attentif au crochetage des notes, le clin d’œil paraît plutôt évident.

On commence à se dire que la vierge de fer a décidé de mettre tout ce qu’elle est, et a été, dans un seul et même album. Pendant les phases de solo, plusieurs époques entrent en collision, et nul doute que les fans connaisseurs du groupe penseront reconnaître moult et moult éléments rythmiques ou mélodiques. La multiplication des ponts et solos semble infinie. La chanson « The Book Of Souls » et du même coup ce premier disque, s’achèvent sur des notes acoustiques empreintes d’un certain ésotérisme.

Disque 2 :

01. Death Or Glory (5:13)

Pour commencer cette seconde partie de l’album, l’ambiance change radicalement. Un riff chaud s’empare de nous immédiatement, puis c’est à un nouveau jonglage dans les influences auquel s’adonne le groupe. La bonne humeur communicative de « Death Or Glory » peut rappeler l’entrain de « Transylvania » (album Iron Maiden, 1980). Les notes parlent, on s’y identifie très vite.

Mais hélas la torpeur des pré-refrains, en totale rupture, vident les couplets de leur tension montante. Dickinson fait ce qu’il peut pour rendre la chose enjouée, mais c’est ensuite le refrain lui-même, plat et convenu, qui apporte peut-être la première déception de l’album. Avec un peu d’attention, il semble copier instrumentalement celui de « New Frontier » (Dance Of Death, 2003).

La profondeur musicale de « Death Or Glory » est pourtant bien moins poussée que sur son prédécesseur notoirement connu pour être la seule chanson du groupe écrite à ce jour par le batteur Nicko McBrain, et la répétition à outrance du titre de la chanson, bien qu’en étant secondée des chœurs de Harris et Smith finit par rendre las voire nerveux.

02. Shadows Of The Valley (7:32)

À l’instar d’un « The Red And The Black », cette vallée des ombres recèle elle aussi un énorme potentiel scénique. Dès les premières notes, l’on ressent toute cette puissance et cette grandiloquence qui ne demandent qu’à s’exprimer, voire exploser suite à un « Death Or Glory » essouflé. L’introduction mélodique croise les phrasés de début de « Out Of The Silent Planet » (Brave New World, 2000) et de « Wasted Years » (Somewhere In Time, 1986).

On ne décroche pas du morceau tant les instrumentations atteignent de nouveaux sommets sans jamais s’écrouler. On dénotera à la longue une forme d’auto influence, si on veut titiller Steve Harris et les siens, mais on reste subjugué par tant de générosité dans le lustrage mélodique et les différentes passes d’armes des trois guitaristes. Nicko McBrain n’est pas en reste, et distille quelques effets de percussions, de mouchetis de cymbale et d’intéressants breaks. Iron Maiden nous convie au feu d’artifice, riche en clins d’œil évidents, encore nombreux à affluer, riff après riff, mélodie après mélodie.

La dernière partie génère une émotion à fleur de peau à l’instar d’un « Blood Brothers », ne manquant pas d’occasionner un peu d’humectation dans les yeux. Indéniablement l’ombre de l’opus Brave New World planait au-dessus de ce morceau.

03. Tears Of A Clown (4:59)

« Tears Of A Clown » est un second single potentiel de l’album, en raison de sa longueur plus « raisonnable », mais aussi pour son entrain très direct. Peut-être même un peu trop direct, tant il apparaît plus dépouillé que « Speed Of Light » par exemple, et qu’il se traverse sans émotion particulière.

On peine à poser des repères sur ce morceau linéaire qui ne décolle pour ainsi dire jamais, hormis peut-être une rupture brutale et pas des plus agréables à l’oreille qui vient bouleverser le déroulement du morceau : celle d’une guitare agressive, débarquée comme un cheveu sur la soupe, ne reflétant en rien le groove et le velours habituels des guitares, et qui bouscule dans la stupéfaction des arpèges rock reposants qui n’avaient rien demandé à personne. Pour le coup cela revient à couper l’herbe sous le pied en usant d’un taille haie.

04. The Man Of Sorrows (6:28)

Cette chanson dont on se demandait s’il s’agissait d’une refonte de « Man Of Sorrows » de la carrière solo de Bruce Dickinson est bel et bien une nouvelle ballade d’Iron Maiden. Bruce s’avance au micro avec éloquence. Le morceau exalte les sens comme le fit en son temps « Wasting Love » (Fear Of The Dark, 1991), mais avec un couplet moins facile et moins larmoyant.

La pierre angulaire formée par le jeu des trois guitaristes demeure en place, et cette fois sublimée par un clavier, même si sur ses derniers contreforts la chanson semble dégainer énormément d’épaisseur, pour ne pas parler de lourdeur. Placé juste après « Tears Of A Clown », « The Man Of Sorrows » recèle bien quelques mélodies accrocheuses faisant taper gentiment du pied, mais finit lui aussi contaminé par une forme d’apathie.

05. Empire Of The Clouds (18:01)

Bruce Dickinson signe seul le morceau le plus long de l’album et de surcroît le plus long dans l’histoire d’Iron Maiden. En marge de sa carrière de chanteur, on sait que Bruce est un féru d’aviation, et ce depuis sa plus tendre enfance, qu’il a passée sous l’autorité d’un père militaire qui a fait toute sa carrière au sein de la Royal Air Force. Continuant de mener en parallèle une carrière de pilote de ligne, que ce soit aux commandes d’Ed Force One – le propre avion du groupe – pendant les tournées, ou à la tête de la compagnie aérienne Djibouti Airlines depuis quelques jours, Bruce a trouvé ici un thème de prédilection pour poser l’intrigue de ce morceau aux accents dramatiques.

Le texte de « Empire Of The Clouds » traite en effet d’une catastrophe aérienne, celle du ballon dirigeable britannique R101 qui se crasha sur le sol français le 5 octobre 1930 à Allonne (60) et qui tua 48 de ses passagers. Moins connue que la catastrophe du Hindenburg, cette histoire doit représenter beaucoup dans l’esprit du chanteur, et surtout trouve un écho particulier quand on songe qu’au moment de l’écriture de l’album en 2014, plusieurs catastrophes aériennes impliquant des avions de ligne étaient survenues coup sur coup. Cet hommage de dix-huit minutes s’annonce empirique. La surprise est surtout de taille, puisque la chanson débute avec une mélodie plaintive de piano. La basse de Harris vient en seconder les notes fortes. Puis un violon émouvant s’invite : une première pour Maiden !

Au bout de deux minutes d’introduction, les notes sont plus lourdement imprimées. On sent la hargne de Dickinson dans le toucher – non, plutôt le frapper – des touches du piano et cette mélodie en huit notes qui ne cesse de tourner et qui devient entêtante. L’ensemble se veut encore plus poignant quand le chant survient, à la fois narratif et plaintif. Vers les six minutes, Nicko McBrain fait monter des roulements martiaux qui accentuent la tension et la vibration émanant toujours du piano. Les guitares entrent dans la danse elles aussi dans cette longue construction progressive, étape par étape. Il y a une nouvelle montée puis un pont tout en rupture, où le jonglage entre les guitares rappelle le cœur épique d’ « Hallowed Be Thy Name » (Number Of The Beast, 1983). Cette partie correspondrait dans l’intrigue – à la vue des paroles – à l’instant où le ballon dirigeable largue ses amarres et prend les airs pour son voyage de l’époque, entre Londres et Karachi (Pakistan).

Ensuite débouche une nouvelle séquence mélodique où le riff central fait l’objet de remontées de manche et de gamme. Nicko McBrain étoffe son jeu de différents éléments, y compris en martelant ce qui s’apparente à des percussions japonaises, lourdes et martiales, qui viennent saccader l’ensemble. Le synthé s’invite également tandis que les guitares poignantes font penser à l’un des ponts mélodiques de fin de « The Legacy » (A Matter Of Life And Death). La chanson fait comme cela plusieurs allers-retours entre son entêtant riff de piano principal et des parties en jeu à trois guitares. Là clairement à partir des douze minutes, on commence à frôler l’overdose, d’une part au vu de tout le contenu précédent de l’album et de la chanson elle-même. Musicalement, elle aurait gagné en impact à s’arrêter là.

Soudain, en plein milieu de la quinzième minute, le scénario du morceau bascule et prend de surprise un auditeur qui aurait pu légèrement s’assoupir. Ça s’emballe à la manière d’une musique de film catastrophe. On ressent les éléments se déchaîner. Dans l’intrigue de l’histoire c’est précisément l’instant où le ballon R101 se crashe. Puis le morceau retombe sur la mélodie de piano du premier couplet sur les trois dernières minutes. Bien que novateur et recelant des parties intéressantes, ce morceau finit par s’égarer sur la longueur, et son assimilation est rendue plus difficile par les 75 minutes d’écoute précédentes. Distillant piano et violon, on soupçonne le groupe d’en faire une musique d’adieu, mais c’est sûrement mal connaître ce diable de Dickinson qui est toujours fort pour brouiller les pistes et qui nous jouerait ici encore un énième tour de passe-passe. Pour rappel, c’est lui qui était à l’origine de l’idée de faire figurer au dos de la jaquette de l’album The Final Frontier, en guise de seule photo de groupe, une image où les musiciens sont dans la pénombre, mains levées, semblant nous dire au revoir.

Conclusion :

La longueur de l’album rendait évident la scission de l’album en deux disques, une séparation qui invite l’auditeur à s’accorder un entracte précisément au moment de basculer sur la seconde partie. The Book Of Souls rassemble tous les éléments des albums post-2000, avec de très nombreux clins d’oeils au passé du groupe, au détour d’un riff, d’un solo, d’un refrain, qui contenteront ou décevront les fans selon leurs attentes respectives. S’agissant de l’atmosphère globale de l’album, on pourrait dire qu’elle conjugue la puissance et le panache d’un Brave New World, l’approche progressive de The Final Frontier ainsi que la dramaturgie sombre de A Matter Of Life And Death.

L’inspiration du groupe était-elle limitée sur cet opus ? Pas nécessairement, il faut plutôt voir dans cet album une lecture différente de tout ce qui fonde la musique d’Iron Maiden, qui s’avère ici spontanée et rafraîchissante, en somme, l’art de faire du neuf avec parfois du vieux. Jouissant d’une grande profondeur musicale, ce seizième opus met donc en lumière toutes les composantes du groupe, avec un grand partage de l’espace entre les différents musiciens. Le plaisir pour eux à jouer ensemble est perceptible, et rarement l’on aura vu le jeu à trois guitares aussi étoffé.

On reprochera seulement aux Anglais, sous couvert de son intention à se montrer généreux, de malgré tout en faire de trop parfois. Cet album est long, très long, et sur la durée on frôle l’indigestion. Plusieurs écoutes attentives ne seront pas de trop pour en identifier et apprécier toutes les saveurs. En 2015, la vierge de fer brille quand même encore de toute sa superbe et ne faillit pas ; le groupe démontre comme toujours, album après album, que l’on peut compter sur lui.

Si d’aventure il devait s’agir d’un dernier tour de piste, ce qui est loin d’être sûr, Bruce Dickinson nous ayant lui-même avoué être désireux de continuer à faire des albums avec Iron Maiden, si tant est que l’avenir le permette, alors ce serait dans ce cas un tour de piste globalement réussi, en tout cas exécuté avec honne
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MessageSujet: Re: ATTENTION SPOILER - The Book of Souls, chronique par Radio Metal   Mer 12 Aoû 2015 - 8:24

de toute façon aucun album n'est pas parfait a 100% mais au vu de ce que j'ai lu il se sont fait plaisir ! et ça se ressent dans l'album donc effectivement je pense que je ne l'ecouterais pas sans doute a un seul coup 92 minutes c'est long d'une traite mais franchement il fait envie cet album et grandement même !
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MessageSujet: Re: ATTENTION SPOILER - The Book of Souls, chronique par Radio Metal   Mer 12 Aoû 2015 - 9:05

et l'interview qui va avec :

http://www.radiometal.com/article/bruce-dickinson-iron-maiden-la-generosite-dans-lame,188477

Radio Metal : Tu as été diagnostiqué avec une tumeur à la langue l’année dernière. En mai, tes médecins t’ont dit que tu étais totalement guéri. Comment vas-tu aujourd’hui ?

Bruce Dickinson (chant) : En fait, je vais bien ! Je veux dire, tu vois ça [il montre un abricot], c’est ce que j’avais sur ma langue !

Aussi gros ? Mon Dieu !

Ouais, exactement, aussi gros ! Et j’en avais une autre qui faisait soixante pour cent la taille de ça juste à côté. Et maintenant c’est parti grâce aux radiations ! Espérons que ça reste ainsi. J’attends juste que les derniers petits bouts guérissent. Certains trucs prennent un peu de temps parce que des choses doivent repousser. Certaines des cellules saines qui ont été tuées par les radiations doivent repousser, et pour certaines ça prend du temps. Tu n’as rien d’autre à faire que de poser ton cul sur une chaise et attendre.

Steve Harris a dit qu’ « on a toujours l’impression que chaque concert est sacré de nos jours, […] d’autant plus maintenant, après la frayeur qu’on a eu avec ce qui est arrivé à Bruce. » Est-ce en fait quelque chose qui a changé, pour toi et pour les autres dans le groupe ? Je veux dire, êtes-vous d’autant plus conscient que vous tenez quelque chose de spécial avec Iron Maiden ?

Je suppose, oui. Je pense qu’à mesure que tu fais un album comme celui-ci et que tu te rends compte de ce que tu as créé, qui est selon moi quelque chose de très spécial, tu as des moments où tu te dis : « Wow, nous n’avons jamais rien fait de tel ! » Donc, à ce stade dans notre carrière, être capable d’innover sur notre propre terrain, c’est plutôt rare ! Et que ce soit compris de notre public est aussi une très bonne chose. Car, tous les groupes disent toujours : « Oh, ouais, le nouvel album est tout neuf, on n’a jamais rien fait de tel auparavant ! » Et les gens se disent : « Oh, ouais, bien sûr… Ils disent toujours ça. » Mais dans ce cas, je crois sincèrement que c’est probablement vrai. Donc, vis-à-vis de ça, je trouve que c’est incroyable d’être assis là aujourd’hui. Mais aussi par rapport au fait de repartir pour une autre tournée… Si nous faisons une autre tournée, tu sais, si quelque chose se passait et que pour une quelconque raison je me retrouvais – Dieu m’en garde ! – à ne pas pouvoir chanter sur la tournée, que ferions-nous ? Tu sais quoi ? Je recruterais un autre chanteur, juste pour que je puisse quand même être sur cette putain de tournée ! En tant que mascotte ou quelque chose dans le genre. Un troupeau de chevaux sauvages ne pourrait m’empêcher de partir en tournée aujourd’hui, parce que c’est quelque chose de spécial qui s’est produit, tu sais.

Je suis sûre que tu pourrais être sur scène et faire semblant de chanter les mots et laisser le public chanter à ta place. Ça pourrait aussi bien marcher…

Certains artistes font ça de toute façon ! [Grand rire] C’est vrai, en fait !

Ta maladie est survenue en plein milieu du processus du nouvel album d’Iron Maiden. Comment toi et le groupe avez-vous géré ça ? Comment vous êtes-vous organisés ?

En fait, nous avions fini l’album. Je veux dire que je suspectais qu’il y avait peut-être un truc bizarre qui se passait à peu près cinq ou six semaines avant d’aller voir le médecin. Je suis un hypocondriaque qui scrute Wikipedia et qui s’est diagnostiqué comme étant atteint exactement de ce que j’avais, et ensuite je l’ai ignoré. Je me suis dit : « Ça serait ridicule. Et de toute façon, même si j’avais raison, qu’est-ce que tu vas faire ? Tu vas finir l’album, n’est-ce pas ? Ouais, je vais finir l’album. » J’aurais dû dire : « Je vais finir l’album même si ça doit me tuer ! » [Rires] Peu importe. Lorsque le chant sur l’album était terminé, nous venions tout juste de terminer le mixage et tout, j’ai été voir un médecin Français dans le coin pour jeter un œil à la grosseur dans mon cou, et à partir de ce qu’il m’a dit et recommandé de faire, je me suis dit : « Ce n’est pas qu’une piqûre de moustique. » Moins de dix jours plus tard, j’étais assis en face de mon oncologue qui m’expliquait ce qui allait se passer le cinq janvier, qui est la date à laquelle j’ai commencé mon traitement.

Nous avions une tournée de prévue sur toute l’année et l’album serait déjà sorti depuis deux mois aujourd’hui, et j’aurais dû être en tournée quelque part en Amérique, j’imagine. Mais nous ne pouvions rien faire de tout ça parce que mon médecin a dit : « Ecoute, ça va prendre au moins une année complète avant que tu sois rétablis à cent pour cent. » Il a donc fallu annuler toute la tournée, mais personne ne savait que nous allions partir en tournée, à part les promoteurs. Donc, mon manager a dit : « Oh, je vais dire à tout le monde que tu débutes un traitement contre le cancer. » J’ai dit : « Non ! Ne fais pas ça ! Laissez-moi simplement faire mon traitement ! Peux-tu ne pas dire à tout le monde que je suis malade avant, au moins, que j’aie terminé ? Car autrement, tout le monde sur terre va m’envoyer des cartes de bon rétablissement ou des gens vont venir camper devant l’hôpital… Oh mon Dieu… Laisse-moi juste traverser ça. » Je demandais : « Est-ce qu’on a vraiment besoin de le dire à qui que ce soit ? » Il a répondu : « On y est un peu obligé, car nous allons annuler diverses choses. Il faut que je leur donne une raison. Si nous mentons à ce sujet, ils le découvriront, ou pire, ils devineront et le prendront mal, et alors ça sera encore pire. » J’ai dit : « Ok, peu importe… » J’ai donc terminé ma dernière radiothérapie le 19 février et cette semaine-là, le vendredi ou quelque chose comme ça, nous l’avons dit à tout le monde. Pour le reste des gens, je venais toujours d’être diagnostiqué mais, en fait, j’ai été diagnostiqué en décembre et j’avais terminé mon traitement, et maintenant j’entrais dans la pire phase, grosso-modo à rester assis à la maison.

Iron Maiden - The Book Of Souls

« Il ne fallait pas être un génie en mathématiques pour dire : ‘Tout ceci ne rentrera pas dans un seul album.' »

Lorsque j’ai fini la radiothérapie, c’est là que les radiations ont un effet maximum, c’est-à-dire dix jours après le dernier traitement. Donc tu restes simplement à la maison, genre : « Awh, awh, awh… Je vais boire mon milk-shake – qui est la seule chose qui peut te nourrir -, je ne peux pas parler, je suis fatigué et je suis sous morphine. Et je n’ai même pas de fabuleuses visions. Merde ! » Je me sentais juste constamment fatigué ! J’aurais dû doubler la dose de morphine pour voir ce qu’il se passait… Et c’était comme ça presque jusqu’au jour où l’infirmière a dit : « Ça va empirer pendant dix jours et ensuite, après ces dix jours, vous allez commencer à vous sentir mieux. » Et quasi à la seconde près, je me suis dit : « Mon Dieu, elle a raison ! » Et alors j’ai pensé : « D’accord, c’est fini ! » J’ai donc, ce même jour, balancé la morphine à la poubelle. Et j’ai dit : « Voilà, c’est fini, tous les médicaments, terminé ! » De toute façon je n’avais presque pas eu à en prendre. Je les ai donc tous balancés et j’ai dit : « J’imagine que ça commence à aller mieux maintenant. » Ça a pris un bon bout de temps. J’ai fait quelques trucs un peu dingues, comme lorsque j’ai décidé que j’allais me mettre à faire des pompes et travailler mes abdominaux, et des trucs de ce genre, je pensais que c’était une bonne chose à faire. Je me disais : « Je vais continuer à pousser jusqu’à ce que je découvre où est ma limite aujourd’hui. Et j’essaierais d’aller au-delà le lendemain. » Je me suis remis à la nourriture solide en moins d’une semaine, ce qui a stupéfait mon médecin. Il était là : « C’est ridicule. J’ai des types à l’hôpital qui sont encore alimentés par des tubes après trois semaines et toi tu cours partout ! ». Il était donc très content. Et moi, je l’étais encore plus. Il a jeté un œil sur moi et a dit : « Ecoute, je ne pourrais pas te faire passer de scanner pendant trois mois parce que les radiations sont encore en train de te cuire, et tout ce que nous verrons au scanner, ce ne seront que des radiations. Mais vu ta gorge, vu comment tu te portes, vu l’ensemble, tu guéris magnifiquement et le cancer est parti. » Je suis revenu un mois plus tard et il a dit : « Il est toujours parti. » J’ai passé mon scanner et je suis revenu, tout allait bien. Ça, c’était le moment où je me faisais vraiment dessus, à attendre les résultats du scanner. Et il m’a regardé : « Oh… Ok ! Je ne suis pas bien certain de ce que je dois faire maintenant… » [Rires]

Votre nouvel album Book Of Souls est le tout premier double album dans la carrière d’Iron Maiden. C’est aussi le plus long, avec ses plus de 90 minutes de musique. Comment est-ce que le groupe a bien pu se retrouver avec autant de matière pour un album cette fois-ci ?

Eh bien, nous n’avons simplement pas arrêté ! Il est devenu évident que ça allait devenir un double album après environ six chansons, car nous savions qu’il nous restait encore quatre chansons. Je ne savais pas quelle longueur allait faire « Empire Of The Clouds » mais il clair qu’elle n’allait pas être courte. Il ne fallait donc pas être un génie en mathématiques pour dire : « Tout ceci ne rentrera pas dans un seul album. » Soit nous laissions de côté quelques chansons, ce que nous ne voulions pas faire car elles étaient toutes différentes et vraiment sympas, soit nous les mettions sur un double album. Steve [Harris] et moi, en tant que fans de trucs un peu progressifs, nous avons dit : « Ouais, c’est carrément cool ! » Au départ, notre management disait : « Ugh… C’est problématique. Ce sera difficile. Vous savez, la maison de disque ne va pas aimer ça parce que ci et ça. » « Eh bien, en fait, non. C’est vraiment cool : plus personne ne fait de double albums. C’est donc super : vous pouvez faire de supers digipacks, vous pouvez faire un super livre, vous pouvez faire le livre des âmes (NDT : traduction du nom de l’album The Book Of Souls), vous pouvez … Vous pouvez faire en sorte que ce soit vraiment spécial ! Nous n’allons pas faire Use Your Illusion I et Use Your Illusion II. Non, non, non. Nous allons faire un album ! Tout a été fait au même moment, comme un seul morceau d’histoire, si tu veux. » Donc la décision était prise.

Certaines chansons avaient été écrites au préalable. « If Eternity Should Fail » était facile parce qu’elle avait déjà été écrite et enregistrée en format démo pour mon album solo. Donc Steve a dit : « C’est super ! Est-ce qu’on peut l’utiliser pour Maiden ?! » J’ai répondu : « Ouais ! » Je veux dire que je n’ai pas prévu de sortir d’album solo dans l’immédiat. Celle-ci était donc facile à reproduire, car nous avions effectivement juste eu à la copier. « Speed Of Light » était déjà écrite par moi et Adrian [Smith] chez lui. « Death Or Glory », nous savions qu’elle allait devenir quelque chose mais nous n’avions que quelques morceaux de celle-ci mais, là encore, vu que c’était une chanson assez courte, ça n’a pas pris longtemps en studio à l’assembler. « Shadow Of The Valley », je crois que Steve avait déjà pas mal avancé dessus. Celles-ci sont donc les quatre premières chansons que nous avons apprises, et tu as déjà là trente et quelques minutes ! Donc nous nous doutions bien que ça allait être un double album. Ensuite, pour les autres chansons, Steve avait tous les éléments sur lesquels il voulait travailler. Il avait les démos de Dave [Murray] et Janick [Gers]. Il s’en allait travailler sur ça le soir, et la journée nous répétions quelque chose que nous connaissions déjà. Et à l’occasion, nous faisions une pause de quelques jours pour nous permettre de nous ressourcer d’un point de vu créatif.

Pendant tout le temps que nous faisions ça, moi je composais pour finir « Empire Of The Clouds » ! Qui est l’une des dernières chansons que nous avons faite. Et comme elle a été écrite au piano, il y a eu un peu d’implication de la part de Nick [McBrain] à la batterie, avec des percussions et diverses choses. Ça a pas mal aidé. Certaines des choses qu’il a suggérées m’ont en fait poussé à écrire certaines choses au piano. Lorsque nous voulions obtenir le son du dirigeable qui [il imite un énorme rugissement] s’écrase et se brise à la fin, il a dit : « Ouais, il te faut un gong joué avec un archet ! » J’étais là : « Hein, c’est quoi ça ? » Et il a dit : « Eh bien, tu utilises un archet de violon sur un gong d’orchestre et tu le gratte sur le bord du gong, et le gong commence alors à résonner d’un genre d’étrange son [il imite le son]. » Et j’ai dit : « Ouais, ça sonne comme du métal en torsion ! Super ! » J’avais ce son dans ma tête et je suis tout de suite retourné derrière le piano et j’ai joué [il chante un riff rapide] et ensuite boom ! Et voilà ! Et donc ce son a suggéré tout ce gros morceau à la fin. Mais avec « Empire Of The Clouds », j’avais des bouts que j’avais déjà écrits chez moi, sur mon petit piano électrique que j’ai gagné dans une tombola [petits rires]. J’avais déjà deux, trois ou quatre phrases dont j’étais content en terme de paroles, et ensuite, je me suis rendu compte que j’avais mis le doigt sur toute une histoire qu’il fallait que je raconte.

Iron Maiden @ Hellfest 2014

« Après cet album, est-ce qu’il y en aura un autre ? Eh bien, la vérité est que je ne sais pas ! Est-ce que j’aimerais faire un autre album ? Oui, évidemment que j’aimerais ! »

Ça a pris pas mal de temps pour que tout soit comme il faut, et j’étais aidé par le fait que nous avions un piano à queue Steinway, qui sonnait de manière absolument incroyable, donc pour composer c’était fabuleux, très inspirant. Pour l’enregistrement, c’était inutile parce que je ne suis pas un très bon pianiste. Je ne suis pas le mec le plus fiable pour ce qui est de jouer sur un Steinway en live. Tu sais, tu serais encore là à Noël pendant que j’essaie de faire tout le truc. Nous avons donc enregistré le piano, ou plutôt j’ai enregistré le piano, sur un clavier midi, ce qui voulait dire que je pouvais le faire et merder quelques fois, mais nous pouvions ensuite aller éditer la note pour que ce soit la bonne, et ensuite, nous avons simplement assigné à l’enregistrement midi un son de piano à queue. Me voilà donc maintenant en train de jouer du piano à queue ! Ceci étant dit, j’essaie quand même maintenant de jouer du piano chaque jour. Je veux dire que je ne prends pas de cours ou quoi ; j’apprends juste par moi-même au fur et à mesure. Mais j’essaie effectivement de jouer un peu de piano maintenant, juste pour un peu mieux faire marcher mes vieux doigts. J’écris quelques trucs au piano. C’est vraiment un instrument charmant sur lequel composer, et tu composes différemment. Les signatures rythmiques, tu n’y penses pas tellement sur un piano – en tout cas, pas moi, de toute façon, c’est sûrement parce que je n’ai pas de formation. Tout est une question de mélodie. S’il se trouve que la mélodie possède une étrange signature rythmique, eh bien, aucun problème ! Le batteur peut me dire quelle est la signature rythmique. « Empire Of The Clouds » contient de très étranges signatures rythmiques mais elles ne font que résulter de la mélodie [il chante une longue mélodie], oh, non, c’est l’autre [il chante une autre mélodie], peu importe ce que c’est, il se trouve que c’est une signature rythmique putain de bizarre. Je ne sais pas, je pouvais la jouer et ils étaient là : « C’est genre en quatorze ou quinze ! » « Ok, peu importe mais voilà ce que ça fait ! »

Lorsque je lisais les paroles d’ « Empire Of The Clouds », je me suis dit que c’était le pilote en toi qui parlait, pour ce qui est de l’histoire avec le dirigeable qui s’écrase et tout…

Oh, mais c’est une histoire vraie ! Lorsque j’étais gamin j’ai construit une énorme maquette du R101 à partir d’un kit en plastique. Plus tard, au cours de ma vie, je suis devenu un investisseur dans une entreprise qui remet les dirigeables au goût du jour en tant que mode de transport pour les voyages commerciaux pour cargos et ce genre de choses. J’ai donc construit le plus gros dirigeable au monde et, à l’heure où on parle, il est dans le même hangar où le R101 a été construit. Et, il y a environ un an, j’imagine, peut-être était-ce un peu plus, il y a quelques années, il y a eu une vente aux enchères de souvenirs de dirigeables et de zeppelins. C’était une énorme vente aux enchères ! Il y avait ce gars très fortuné, dont le petit ami était obsédé par les dirigeables, et il a investi des millions dans une collection, il allait monter un musée. Enfin bref, ces deux gars se sont séparés et le gars en question a vendu toute la collection. Il aura fallu huit pleines sessions, en huit jours, pour tout vendre. C’était énorme ! J’y suis donc allé. Ce qui m’intéressait, ce sont les trucs liés aux dirigeables britanniques. Mais les trucs allemands, les trucs de zeppelin, que ce soit les zeppelins bombardiers de la première guerre mondiale, ou des tasses, des assiettes et autres vaisselles venant du Graf Zeppelin ou de l’Hindenburg… Tous ces trucs étaient là, et ça partait pour des sommes folles, car dès que c’est marqué « zeppelin » dessus, ça part à des sommes astronomiques. Mais moi, j’étais plus intéressé par les trucs britanniques qu’il y avait. La chose en particulier – parce que j’ai beaucoup lu au sujet de cet accident – l’article qui m’a vraiment intrigué, qui était directement relié au dirigeable, c’était une montre gousset d’un des survivants qui était gravée : « Au pilote en chef du dirigeable A.V. Bell, du ministère des transports aériens, Her Majesty’s Airship », et ce n’était pas le R101, je crois que c’était le R34, un autre dirigeable. Bref, c’était une montre gousset. J’ai misé sur la montre gousset, j’étais déterminé à l’obtenir. Ensuite, il y avait une chope qui, je crois, était peut-être un article promotionnel ou qui a été oubliée, ou peu importe, provenant du R101, et c’était une chope en cuire gravée avec les contours du dirigeable, et sur le bord en haut de l’étain il était inscrit : « Bienvenue à bord, de la part de l’équipage. » J’ai eu ça pour quelque chose comme cent balles, et pour moi, ça n’a pas de prix parce que ça raconte une histoire. Tu peux la tenir et dire : « Ça c’était…. Wow ! » C’est comme un talisman ou quelque chose. Et j’étais en train d’écrire cette chanson, et je me suis dit : « Quelqu’un doit raconter l’histoire ! » Car c’était une catastrophe monumentale à l’époque ! Plus importante, bien, bien plus importante que l’Hindenburg en tant que catastrophe nationale pour la Grande Bretagne. Mais il y a une grande part d’ironie dans cette histoire, c’est pourquoi j’ai appelé ça « Empire Of The Clouds », car ça émanait d’un désir de relier l’Angleterre avec L’inde et l’Australie avec cet énorme dirigeable impérial, et dès le premier vol : à terre ! Terminé !

Ça fait très Titanic…

Ça fait très Titanic ! Et donc, le fait de raconter cette histoire était plutôt sympa. Et l’ironie est qu’il était plus gros que le Titanic, vraiment ! Tu pouvais faire rentrer le Titanic dedans, ce qui étonne tout le monde, genre : « Quoi ?! » Tout le monde bute sur cette phrase, à la première écoute ! « Quoi ?! »

Est-ce que cette dernière chanson « Empire Of Clouds » et, finalement, cet imposant et généreux album pourrait être comme un adieu pour Iron Maiden ? Je veux dire qu’avant que ne sorte The Final Frontier, tu mettais en question le futur d’Iron Maiden, et tu as dit qu’il pourrait ne rester au groupe plus qu’un ou deux albums. Donc, quel est ton sentiment sur l’avenir du groupe ?

Eh bien, s’il ne nous reste plus qu’un ou deux albums devant nous et que ce sont des doubles albums, alors c’est vraiment génial ! [Grand rire] Hey, je veux dire que Final Frontier était fantastique, j’adore cet album, et lorsque nous avons dit « baptisons-le Final Frontier », nous savions que les gens se diraient : « Oh, ça y est ! C’est la fin ! » Nous avons dit : « Ouais, peut-être. Peut-être pas… » Nous ne savions pas que cet album allait être un double album au départ mais le résultat est vraiment bon et nous en sommes vraiment satisfaits. Maintenant, après cet album, est-ce qu’il y en aura un autre ? Eh bien, la vérité est que je ne sais pas ! Est-ce que j’aimerais faire un autre album ? Oui, évidemment que j’aimerais ! J’adorerais, et je pense que Steve également. Mais nous allons beaucoup tourner l’année prochaine. Donc il y a une longue route avant que nous ayons à nous inquiéter de ce genre de choses. Et n’importe quoi peut arriver, comme on dit.
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gambrinus

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MessageSujet: Re: ATTENTION SPOILER - The Book of Souls, chronique par Radio Metal   Mer 12 Aoû 2015 - 11:04

Merci pour cette chronique et cette interview de Bruce super intéressante!
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mike*power

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MessageSujet: Re: ATTENTION SPOILER - The Book of Souls, chronique par Radio Metal   Mer 12 Aoû 2015 - 11:53

Merci Trooper pour les liens, chronique vraiment intéressante et chouette interview de Bruce.

Vraiment impatient de l'écouter cet album...

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Maiden927

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MessageSujet: Re: ATTENTION SPOILER - The Book of Souls, chronique par Radio Metal   Mer 12 Aoû 2015 - 17:48

C'est globalement très positif malgré quelques détails par-ci par-là. En même temps, se taper 6h d'écoute, on peut comprendre qu'ils aient saturer sur certains trucs. Vivement l'écoute :edsmile!
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Virtual noch

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MessageSujet: Re: ATTENTION SPOILER - The Book of Souls, chronique par Radio Metal   Mer 12 Aoû 2015 - 20:06

Et bien j attends avec impatience la sortie de l album, parconte notre Bruce a eu une sacrée force de caractère vu l explication donné suite à son cancer.
Chapeau Bruce.
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ironlambino

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MessageSujet: Re: ATTENTION SPOILER - The Book of Souls, chronique par Radio Metal   Jeu 13 Aoû 2015 - 18:07

Honnêtement je trouve que tous les albums ont des défauts (Powerslave le moins). Pour les années 2000, le défaut récurant et la longueur de certains morceaux qui ne se justifie pas et les trop nombreuses intro et outro lentes. On va retrouver ces soucis, normal.
Mais si cet album nous offre des ambiances nouvelles, des jeux de batterie travaillés, un partage des 3 guitares au top et des références aux 3 dernières décennies du groupe, ça sera alors un super album. Pas facile à écouter en une fois mais un super album.
En arriver là au bout de 16, peu de groupes y arrivent!!

Pour l'interview :
-C'est un dur et un hyper-actif, même dans la maladie -->J'adore encore plus ce mec
-Ils auraient a priori commencé la tournée en amérique. reporté d'un an ça donnera peut-être la même chose
-Du travail sur l'album solo de Bruce a bien fini sur The Book of Souls (If Eternity should fail) --> La rumeur était vraie
-Il n'a pas prévu pour l'instant de sortir son album solo -->Idem
-4 chansons existaient déjà avant l'entrée en studio. Il y avait aussi pas mal d'idées pour le reste. -->Finalement c'est moins "inquiétant" que prévu si ça avait été assez préparé
-Empire of the clouds a été composé au départ avec Nicko en duo batterie/piano, pour donner une atmposphère nouvelle et reproduire certains son -->A écouter au casque les yeux fermé, comme The Longest Day
-Bruce s'est mis au piano (et allez! Encore une activité winky )
-Ce n'est (pour l'instant) pas le dernier album de Maiden --> YES!!
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Virtual noch

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MessageSujet: Re: ATTENTION SPOILER - The Book of Souls, chronique par Radio Metal   Jeu 13 Aoû 2015 - 19:46

Pour ce qui est des intros lentes, s il y a une chanson style the man Who whould be King, je prends de suite.
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WANTED

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MessageSujet: Re: ATTENTION SPOILER - The Book of Souls, chronique par Radio Metal   Jeu 13 Aoû 2015 - 20:47

Death or glory et tears of a clown sont apparemment les titres les plus faible, on verra bien, déjà speed of light sort demain, on en saura un peu plus :edrock:
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MessageSujet: Re: ATTENTION SPOILER - The Book of Souls, chronique par Radio Metal   

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ATTENTION SPOILER - The Book of Souls, chronique par Radio Metal
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